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Greenwashing : 14 gestes qu’on pense écologiques mais qui ne le sont pas

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©Artem Beliaikin/Unsplash

Faire attention à ses gestes quotidiens pour le bien-être de notre planète est de plus en plus ancré dans les mentalités, et c’est tant mieux ! Bien que tout le monde n’ait pas encore de conscience écologique, difficile de nier les efforts et démarches en faveur de la protection de l’environnement. Toutefois, certains gestes soi-disant écologiques ne le sont pas tant que ça…

Les astuces zéro déchet sont faciles à adopter au quotidien tant elles sont nombreuses. Un petit geste peut s’avérer très efficace lorsqu’il est réalisé par plusieurs personnes. Voici d’ailleurs quelques astuces pour commencer le zéro déchet, si vous n’avez pas encore sauté le pas. L’essentiel reste la volonté et la compréhension de ses actions. Voici une liste de gestes à priori écologiques, qui ne le sont pas tant. Une liste qui pourra peut-être vous aider à tendre vers le zéro déchet !

1/ Les gourdes en plastique et les bouteilles d’eau à usage unique qu’on réutilise

Le fait d’utiliser une bouteille en plastique plusieurs fois paraît une bonne idée à première vue, pour limiter sa consommation et réduire ses déchets. Néanmoins, réutiliser une bouteille en plastique peut mettre en danger sa santé, et celle-ci finira jetée à un moment ou à un autre. En plus des bactéries qui peuvent y proliférer, le plastique se détériore rapidement et peut être dangereux pour la santé. La meilleure solution reste de boire de l’eau du robinet, à filtrer ou assainir, dans une gourde appropriée régulièrement lavée. Et pas un modèle en plastique issu de l’industrie du pétrole !

bouteille en verre gourde écologique mer océan no plastique
©Nito100/iStock

2/ L’utilisation du bambou

Le bambou est couramment utilisé pour fabriquer des ustensiles réutilisables ou recyclables. Néanmoins, les ressources ne sont pas suffisantes pour une utilisation mondiale. De ce fait, beaucoup de forêts se retrouvent rasées afin de répondre à la forte demande. Ces déforestations ont de lourdes répercussions sur la faune et la flore. En revanche, certains types de bambou sont aussi invasifs et poussent très vite, ce qui fait d’eux une matière plus durable que le bois. Mais malheureusement, le bambou vient aussi de loin… Rien n’est simple ! Si vous avez le choix, préférez une brosse à dents en bambou (ou en matières recyclées) avec une tête interchangeable pour garder son manche très longtemps, plutôt que de composter plusieurs brosses à dents chaque année…

3/ Les cosmétiques “naturels”

On pense que les cosmétiques naturels sont toujours très clean. Toutefois, naturel ne signifie pas biologique, ni que tous les ingrédients sont irréprochables ! Privilégiez les cosmétiques issus de l’agriculture biologique avec une liste d’ingrédients courte. Le mieux reste tout de même de fabriquer ses propres cosmétiques soi-même. Vous verrez qu’il n’est pas très compliqué de concocter ses shampoings, son déodorant, ses rouges à lèvres ou encore sa mousse à raser.

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©Deanna Alys/Unsplash

4/ Les sacs en plastique “biodégradables” à base de plantes

La grande majorité des sacs en bioplastique sont souvent sujets au green-washing ! On les achète sans culpabiliser en pensant qu’ils peuvent se recycler ou se détériorer très vite dans la nature. Ces modèles de sacs à usage unique sont fabriqués à partir de matière végétale comme le maïs. Néanmoins, ils ne contiennent qu’une toute petite partie de ces végétaux. N’oublions pas qu’ils restent à usage unique, et génèrent autant de déchets que les autres. Privilégiez les sacs en toile et les sacs à vrac réutilisables, les cabas, voire même le caddie ancestral ! Votre sac restera chez vous et ne se baladera pas dans la nature.

5/ Le problème du recyclage

Quand on débute dans le zéro déchet, s’il y a bien une chose sur laquelle on change littéralement de regard, c’est le recyclage ! Bien qu’il soit utile pour certains produits que l’on ne peut traiter autrement, le recyclage est aussi très gourmand en énergie. En effet, la collecte, les transports en camion nécessaires à l’acheminement des déchets, la refonte et tout le processus de recyclage demandent énormément d’énergie.

En plus, tout ne se recycle pas. Bien que certaines matières soient recyclables à l’infini (verre, métal…), d’autres, comme le plastique par exemple, ne le sont pas tant que ça. Sachez par exemple que le bouchon d’une bouteille d’eau en plastique est souvent le seul élément recyclable !

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©Zibik/Unsplash

6/ La liseuse numérique

Si son aspect est plus pratique que les livres, son impact environnemental, quant à lui, est plus important. En effet, produire des livres serait moins polluant que produire des appareils électroniques. Certes vous gagnez de la place, mais vous ne sauvez pas d’arbres pour autant. En revanche, il va de soi que les livres d’occasion sont vivement recommandés, plutôt que les livres neufs…

7/ Certains véhicules électriques

Les véhicules électriques sont à la mode. Voitures, vélos, trottinettes… Un grand nombre de nouveautés apparaissent comme une solution écologique à la pollution pétrole. Bien que l’impact environnemental soit à première vue amoindri, on émet encore des doutes sur leur efficacité, puisqu’on n’a pas encore assez de recul pour évaluer leur impact, et que les technologies ne cessent d’évoluer.

Comme pour les voitures classiques, les véhicules électriques et hybrides (qui combinent les deux vices !) nécessitent beaucoup de matériaux pour leur fabrication, et demandent aussi beaucoup d’énergie. De plus, nous ne savons pas encore à l’heure actuelle que faire des batteries lorsqu’elles ne sont plus aptes à fonctionner, même si celles des voitures vertes durent bien plus longtemps que celles de nos téléphones ou ordinateurs. Cela dit, de nouvelles idées commencent à émerger comme par exemple celle de la société Tesla, qui a décidé de recycler les batteries usagées de ses voitures électriques (après environ 8 ans de fonctionnement) en les réutilisant pour ses bornes de recharge (Superchargers).

Cela dit, il toujours mieux de rouler dans une voiture électrique alimentée chez soi par un panneau solaire que de conduire un vieux diesel biberonné au pétrole… Beaucoup de bonnes idées, mais beaucoup de progrès à apporter aussi !

voiture électrique véhicule prise
©Andrew Roberts/Unsplash

8/ Le bio des grandes surfaces

Les produits alimentaires issus de l’agriculture biologique sont conseillés, et s’avèrent même bien meilleurs que les produits traités. Néanmoins, au supermarché, les aliments bio sont souvent suremballés dans du plastique. Et peuvent aussi venir de loin… Pas très cohérent tout ça, n’est-ce pas ?

Privilégiez dès que vous le pouvez les produits non emballés, ou à la limite aux emballages en carton ou en verre si vous ne pouvez pas faire autrement. Le mieux reste bien sûr le vrac des marchés et producteurs, ou des magasins bio et zéro déchet, non recouverts de plastique toxique.

9/ Manger local mais pas bio

Le bio et le local font partie des meilleurs gestes écologiques pour consommer le plus durablement possible. Si vous achetez local, mais pas bio, le trajet sera évidemment moindre. Néanmoins, s’il a fallu plein de pesticides pour produire ces aliments, rien de très écologique, finalement

Le meilleur moyen de réduire son impact est encore de faire les choses jusqu’au bout ! Bien qu’il ne soit pas possible pour tous de toujours tout acheter bio, beaucoup de petits producteurs tendent à une agriculture raisonnée plus respectueuse de l’environnement. Il vous suffit de vous renseigner, nous ne vous incitons pas à tout refuser sous prétexte que vous ne voyez pas le label AB !

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©Pixabay

10/ Acheter des produits bio venant de loin

Les avocats, les fruits ou légumes bio exotiques, l’huile de coco, l’huile de palme… Même s’ils sont biologiques, ces produits doivent être utilisés avec parcimonie. En effet, la consommation trop importante de ces aliments met en péril la faune et la flore endémique. De ce fait, bien qu’ils soient bio, il faut prendre en considération l’ampleur du commerce, mais aussi le transport et l’énergie utilisée pour acheminer ces produits dans nos contrées…

11/ Les articles réutilisables en plastique

Avec l’engouement du zéro déchet, les articles estampillés “réutilisables” ont le vent en poupe ! Cela dit, il ne faut pas tout confondre : réutiliser c’est bien, mais si le produit est confectionné dans une matière polluante qui a puisé dans les ressources de la terre pour sa fabrication, et qui se recycle mal, c’est moins bien ! Car même si elle est réutilisable, votre gourde en plastique sera jetée tôt ou tard, et c’est là où le bât blesse…

vaisselle couverts plastique jetable
©iStock/Harry Wedzinga

12/ Certains moteurs de recherche soi-disant écologiques

Certains moteurs de recherche mettent en avant leur engagement environnemental et c’est une bonne chose. Cela dit, ils restent difficiles à évaluer. A l’inverse, d’autres moteurs qu’on n’aurait pas soupçonnés verts s’alimenteraient exclusivement en énergies renouvelables. Ne vous faites pas berner par le green-washing, renseignez-vous avant de cliquer !

13/ Certaines huiles essentielles et leur consommation excessive

Ne mettons pas toutes les huiles essentielles dans le même panier, mais ne nous voilons pas la face non plus ! Les huiles essentielles, si utilisées avec parcimonie par-ci par-là diluées dans une préparation cosmétique ciblée (et pas seulement pour parfumer) ne sont pas un facteur polluant dangereux. Et sont même d’excellentes alternatives naturelles pour se soigner sans avoir recours à des médicaments chimiques.

En revanche, il faut savoir que les huiles essentielles demandent énormément d’énergie pour leur production (d’où leur prix), certaines variétés pouvant même entraîner une déforestation. En effet, ces essences très concentrées demandent énormément de plantes pour une très petite quantité de produit fini. Il s’avère alors essentiel de choisir des huiles essentielles bio et locales, extraites d’une plante qui n’est pas en danger.

Les HE les plus écologiques :

  • Lavande vraie, fine & lavandin
  • Géranium rosat
  • Mélisse
  • Menthe citronnée
  • Arbre à thé (tea tree)
  • Palmarosa

Enfin, du fait de leur forte concentration, certaines HE (hormis celle de la liste précédente) peuvent altérer les milieux aquatiques lorsqu’elles sont rejetées dans les eaux usées, même si elles sont biodégradables. C’est pourquoi il est recommandé de les utiliser avec modération.

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©Unsplash

14/ La couleur verte de certains produits

Le vert est la couleur de l’écologie par excellence. Il n’y a qu’à observer les produits bio (à commencer par le fameux logo), les cosmétiques naturels ou encore les partis politiques écologistes (les fameux Verts ne peuvent pas être plus explicites) pour se rendre compte que le vert est à l’honneur sur tous les tableaux environnementaux. Mais pourquoi donc choisir le vert pour protéger une planète bleue ? Arbres, nature, herbe sauvage… Malgré ce qu’en disent les sceptiques, le vert est une couleur très présente dans la nature.

En revanche, certaines marques se servent de ce crédo pour justifier leur engagement écologique inexistant, une manifestation de greenwashing par excellence. Aux yeux de certains consommateurs crédules, si c’est vert, c’est naturel, et donc sans danger pour l’environnement. Un raisonnement à l’origine de bien des dérives marketing…

À titre d’exemple, une marque de cola très populaire a sorti une bouteille à l’étiquette verte pour indiquer une alternative allégée en sucres. Si cette version est loin d’être plus naturelle que celle d’origine, le consommateur associe toutefois ce changement de couleur à une image positive.

Mais les publicités ne sont pas les seules à céder au greenwashing, le nom de certaines entreprises peuvent elles aussi porter à confusion. Le préfixe “b-i-o” par exemple, est utilisé à tort et à travers par de nombreuses marques pour faire illusion du naturel. Mais ce n’est absolument pas parce que le mot bio est contenu dans un nom de marque que celle-ci vend des produits issus de l’agriculture biologique. Une entourloupe de plus destinée à duper les consommateurs innocents…

Mais pourquoi le vert ?

Si aujourd’hui le vert symbolise la nature, l’écologie ou la pureté, au Moyen-âge, la couleur n’était pas des plus populaires, pouvant également symboliser le jeu, le hasard, l’avarice ou le démon (la teinte est en effet associée au diable et aux sorcières). Ce serait au début des années 70 que le vert devient le symbole de l’écologie et de la nature.

Les fabricants l’ont bien compris, le greenwashing opère dans l’esprit du consommateur dès lors que l’on crée une perception fictive de la réalité. Alors, comment ne pas se faire berner ? En scrutant les étiquettes des produits, pardi ! Vous serez tout de suite fixé/e…

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©Beboy_ltd/iStock

Beaucoup de gestes écologiques sont possibles afin d’aider notre planète à reprendre du poil de la bête et amoindrir notre impact environnemental ! Ne cédons pas au green washing !


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