low tech experience bateau nomade mers
Capture vidéo : Lost in the Swell - WaterWorld 2021/YouTube
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Low tech : les innovations de Corentin de Chatelperron sur son bateau écolo

Originaire de Vannes, Corentin de Chatelperron multiplie les casquettes : ingénieur, aventurier, navigateur, fondateur et président de l’association Gold of Bengal (projet écologique visant à améliorer les matériaux des bateaux)… Ce breton passionné de low technologies navigue au gré des vents en adoptant un mode de vie zéro déchet. Retour ce parcours atypique.

Comme tout breton qui se respecte, Corentin aime la mer. Navigateur par passion puis par “profession”, le diplômé d’arts et métiers se spécialise très tôt dans l’écologie (éco-tourisme & éolien). Aujourd’hui, il vogue au gré des vents sur son bateau écolo à la recherche des meilleures “low technologies”. Son objectif ? Les démocratiser au plus grand nombre à travers le monde pour réduire la pollution et les déchets associés, combattre la malnutrition et régler plusieurs problématiques sociales, tout en préservant les océans.

Le parcours engagé de Corentin de Chatelperron

Après trois ans de projets d’écotourisme et d’éolien à Nantes dans le cadre de ses études supérieures, Corentin de Chatelperron s’exile au Bangladesh pour travailler sur un chantier naval où les bateaux se construisent à coup de fibre de verre. Cette fibre, chère et polluante, est vite remplacée par le jeune diplômé, qui a l’idée de la fibre de jute, un matériau naturel, résistant, et surtout, local.

La voile, une nouvelle passion

Corentin construit alors un petit voilier (le Tara Tari) en intégrant du jute aux matériaux composites, et décide de rentrer en France à son bord. À l’époque, le jeune explorateur n’a pas une grande maîtrise de la voile… Une aventure formatrice de 6 mois qui permettra au navigateur en herbe de fonder, en étroite collaboration avec ses coéquipiers, son association Gold of Bengal, un projet de recherche écologique sur l’utilisation de la fibre de jute dans le domaine nautique.

bateau jute Corentin de Chatelperron
Capture vidéo: Le voyage de Gold of Bengal (1) : un sampan, deux poules et quelques plantes…/
Voiles et Voiliers via YouTube
bateau jute corentin de Chatelperron mer
Capture vidéo: Le voyage de Gold of Bengal (1) : un sampan, deux poules et quelques plantes…/
Voiles et Voiliers via YouTube

S’en suit, en 2013, un second bateau (le Gold of Bengal), cette fois 100% réalisé avec du jute (le premier au monde). Corentin repart alors naviguer une seconde moitié d’année dans les eaux du golfe du Bengale (d’où le nom de son embarcation) pour éprouver son voilier. Une expédition qui sera aussi l’occasion de tester toute une panoplie de low technologies qui ne demandent qu’à être améliorées* (four solaire, réchaud à économie de bois, serre tropicale, poulailler, etc.). Et qui dit nouvelle aventure dit aussi nouveau projet : le Low-tech Lab était né.

La pensée low-tech permet de vivre mieux avec moins. Si elle était plus largement connue, acceptée et adaptée, elle permettrait de lutter efficacement contre les maux tant environnementaux que sociaux du 21e siècle.

Qu’est-ce que la low technology ?

Selon la définition qu’en donne Corentin de Chatelperron, les low technologies regroupent les services et technologies répondant aux 3 critères suivants :

1/ Utile

Ces technologies ou services doivent répondre à des besoins de base. Accès à l’eau, énergie, nourriture, santé et hygiène, gestion des déchets ou matériaux de construction.

2/ Accessible et locale

À l’inverse des “hautes technologies”, les “basses technologies” doivent pouvoir se fabriquer et se réparer partout dans le monde. Elles ne demandent pas de compétences ou d’outils pointus pour les mettre au point et doivent se trouver localement.

3/ Durable

Ces technologies doivent être écologiques, mises au point avec des matériaux naturels et durables et/ou des énergies renouvelables (ou recyclables).

Pour illustrer le principe de basse technologie, Corentin prend l’exemple de son voyage au Bangladesh. Le pays, pourtant l’un des plus pauvres au monde et exposé à de nombreuses contraintes climatiques, recèle d’ingéniosité et de créativité en termes d’innovations low tech.

Les gens sous contrainte ont une ingéniosité surprenante pour répondre à leurs besoins de base. Ces savoir-faire ingénieux développés dans des pays comme le Bangladesh peuvent inspirer le monde entier et lutter contre la pollution, les déchets et la malnutrition.

La low tech à bord d’un bateau écolo : des solutions locales, accessibles et bon marché, pour lutter contre les problèmes sociaux et environnementaux

Durant ces 6 mois d’aventure marine en autonomie, Corentin réfléchit au sens de l’innovation. Après des mois de navigation à travers le monde et des escales riches en partage et en émotions, il se rend compte qu’il existe partout dans le monde des inventeurs qui innovent avec les moyens du bord pour trouver des solutions concrètes à des problèmes locaux.

Ces solutions restent à une échelle locale alors qu’elles pourraient être utiles à des millions de personnes. Si elles se diffusaient, elles pourraient créer des économies locales, réduire la pollution et préserver les ressources.

Cette réflexion donnera lieu au projet écologique Low-tech Lab, une plateforme collaborative de partage des innovations en termes de low technologies essentielles à l’homme.

Le Nomade des Mers, un véritable laboratoire flottant

Corentin de Chatelperron reprend la mer en 2016 pendant 4 ans, à bord d’un troisième bateau écolo, un grand catamaran répondant au doux nom de Nomade des Mers. Cette nouvelle expédition consiste à repérer les meilleures innovations low-tech et aller à la rencontre de leurs inventeurs. Parmi les équipements à bord, de réelles améliorations en comparaison à la première édition* :

  • Serre hydroponique (culture de plantes très économe en eau)
  • Pédalier solaire pour générer de l’eau douce (à l’origine conçu par des cyclistes pour remplir leur gourde en pédalant grâce au phénomène de condensation)
  • Éoliennes durables
  • Four solaire
  • Système de culture de micro-algues comestibles (spiruline, chlorelle : de véritables bombes nutritionnelles). Ce système ingénieux mis au point à l’origine par des étudiants indiens permet de recycler des déchets plastiques pour les transformer en carburant.
  • Culture de vers de farine ou de palmier (apport en protéines)
  • Vélo pour produire de l’électricité en pédalant (tout comme une machine à coudre)
  • Procédés de fermentation naturels
  • Laboratoires écologiques.

L’objectif de cette exploration est de repérer les innovations low-tech sur chaque continent, puis les tester et les diffuser à tous en open-source.

Quelques découvertes low tech prometteuses à travers le monde

Grâce à ses traversées, Corentin de Chatelperron a pu découvrir de nombreuses innovations utiles, accessibles, locales et durables à travers le monde (50 low-tech recensées dans plus de 20 pays). Parmi elles :

  • Un ordinateur low tech à Taiwan
  • L’Aquaponie à Singapour
  • La production de biodiesel au Cambodge
  • Une lampe solaire aux Philippines
  • Le compost Bokashi à Okinawa
  • Des techniques zéro déchet au Japon
  • Un chauffe-eau solaire au Nouveau-Mexique
  • Des biomatériaux à base de champignons à San Francisco
  • L’élevage de mouches soldats noires en Malaisie (gestion des déchets)
  • Une cuisinière à économie de bois au Mexique…

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compost innovations

Corentin de Chatelperro low tech innovations

 innovations ecologiques
Capture vidéo : Nomade des mers: la low-tech de l’année 2019! ⛵️🛠, Low-tech Lab/YouTube

Retrouvez le TEDx de Corentin de Chatelperron, son expérience de marin écolo et son explication sur les low tech :

Et vous, connaissiez-vous le parcours écologique de Corentin de Chatelperron et son bateau low tech ? Partagez-nous votre avis en commentaire !

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