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©Yulia Lisitsa/iStock/Montage : Planète Zéro Déchet
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Les tensioactifs : qu’est-ce que c’est, et comment les utiliser dans ses cosmétiques naturels ?

SCI, SCS, SLMI, sulfates… Les tensioactifs inondent le marché des cosmétiques, naturels ou industriels. En plus de se compter par plusieurs dizaines… Alors, qui sont-ils et lesquels utiliser pour éviter de porter atteinte à son corps et à la planète ?

Qu’est-ce qu’un tensioactif ?

Un tensioactif, aussi appelé agent de surface, est un composé recréé artificiellement, censé diminuer la tension superficielle entre deux surfaces. Les molécules contenues dans le tensioactif retiennent ainsi les matières grasses tout en permettant à n’importe quelle solution d’être soluble dans l’eau. En résumé, le tensioactif rend solubles deux phases à l’origine non miscibles. L’utilisation d’un tensioactif permet également de générer de la mousse (shampoings, gels douche, produits d’entretien…). À titre d’exemple, les détergents ménagers possèdent généralement un puissant tensioactif agissant sur la saleté. Il existe des tensioactifs chimiques toxiques, et d’autres plus naturels.

Plusieurs types de tensioactifs existent

Dans la famille des tensioactifs, il existe plusieurs catégories : les tensioactifs anioniques & non ioniques, les tensioactifs cationiques et les tensioactifs amphotères.

Les tensioactifs anioniques

Le tensioactif anionique est le plus courant, car aussi le plus détergent. Certains d’entre eux sont même très agressifs et susceptibles de provoquer des irritations. Le savon classique contient un tensioactif anionique, créé naturellement lors du processus de saponification. Il s’agit du mélange huile végétale/soude. Toutefois, celui-ci reste naturel et biodégradable. Ce qui n’est en revanche pas le cas du SLS (Sodium Laureth Sulfate), ce tensioactif puissant au pouvoir très moussant, qui appartient à la grande famille des fameux sulfates. Ce type de tensioactif chimique est largement utilisé par les fabricants de shampoing ou de gel douche industriels, en raison de son prix très abordable. Le MLS (Magnesium Laureth Sulfate) est un autre type de tensioactif anionique, susceptible de provoquer des irritations et un assèchement.

Il existe des tensioactifs anioniques plus doux et plus écologiques comme le SLI (Sodium Lauroyl Isethionate) ou le cocoamphoacetate de sodium. Tous deux s’obtiennent à partir de l’huile de noix de coco.

Les tensioactifs non ioniques

Ce type de tensioactifs agressent moins la peau que les tensioactifs anioniques, qui les tolèrent mieux. Leur pouvoir moussant est en revanche moins puissant que ces derniers, mais permet toutefois de créer une mousse légère. Même s’ils sont plus doux, certains tensioactifs non ioniques peuvent perturber le système hormonal. C’est généralement le cas des tensioactifs issus de la pétrochimie comme les PEG ou le polysorbates 20 & 80. Ce type de tensioactif s’utilise largement dans les démaquillants en tout genre (eaux micellaires, lotions ou laits). Même sans sulfates, les tensioactifs non ioniques industriels sont particulièrement polluants (PEG, Laureth ou Steareth).

Heureusement, comme pour les tensioactifs anioniques, il existe des agents de surface non ioniques écologiques et non toxiques. C’est le cas des glutamates, recréés à partir d’acides aminés (DCG, SCG ou SMG). Le CG (Coco Glucoside), le DG (Decyl Glucoside) et le LG (Lauryl Glucoside) sont aussi des tensioactifs très doux, recréés à partir d’huiles végétales et de sucre. Ceux-ci ne sont pas toxiques et sont entièrement biodégradables.

Les tensioactifs amphotères

Ce type de tensioactifs, plus doux et moins irritants que les tensioactifs anioniques, sont en revanche peu moussants. Ils se composent majoritairement de bétaïne, comme le Cocamidopropyl Betaine ou la Coco Betaine. Mais aussi la Ricinoleamidopropyl Betaine, élaborée à base d’huile de ricin, ou la Steramidopropyl Betaine. Ces tensioactifs s’utilisent généralement dans les shampoings, les après-shampoings et les soins capillaires démêlants, puisqu’ils présentent en effet des propriétés démêlantes et lissantes. En plus de leur action antibactérienne qui agit comme conservateur.

Les tensioactifs cationiques

Les tensioactifs cationiques présentent des propriétés émulsifiantes et bactériostatiques. Au contact de la kératine (présente dans les cheveux notamment), ils forment un film lisse. Ce type de tensioactif chimique s’utilise principalement dans les soins après-shampoing et antipelliculaires, mais aussi dans certains déodorants et teintures vestimentaires. Les tensioactifs cationiques sont très irritants pour les yeux.

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©Yulia Lisitsa/iStock

À quoi sert un tensioactif ?

Les tensioactifs ont plusieurs usages. En plus de laver, ils génèrent aussi de la mousse, et également une émulsion, pour les crèmes notamment. Un tensioactif dans une crème de jour par exemple, servira d‘émulsifiant, quand dans un shampoing il servira majoritairement à générer de la mousse. C’est le dosage qui change la donne : quand il est très présent, il sert à mousser et à laver, quand il l’est peu, il crée une émulsion.

Quels tensioactifs privilégier pour une utilisation cosmétique et lesquels éviter ?

La grande majorité des tensioactifs cationiques sont irritants (surtout pour les yeux) et toxiques pour l’environnement. Vous l’aurez compris, on ne vous les recommande guère. Les tensioactifs anioniques, quant à eux, sont irritants, mais présentent moins de risques que les cationiques. Les tensioactifs non ioniques sont plus intéressants, car ils peuvent être formulés à base d’ingrédients d’origine végétale et naturelle. Cela dit, il faudra s’assurer que ceux-ci ne sont pas issus de l’industrie pétrochimique. Enfin, les tensioactifs amphotères sont doux pour la peau et les yeux et parfois biodégradables. Là encore, il faut veiller à bien vérifier la provenance des ingrédients.

Les tensioactifs à éviter de toute urgence

Les tensioactifs suivants irritent non seulement la peau et les yeux, mais présentent également des risques pour les organismes aquatiques.

  • Sodium Laureth Sulfate (SLES)
  • SLS
  • Ammonium Lauryl (& Laureth) Sulfate (ALS)
  • Sodium Laureth (& Lauryl) Sulfosuccinate
  • Sodium Dodecylsulfate
  • PEG-8 lauryl ether sulfate
  • Sodium Myreth Sulfate
  • Sodium Oleth Sulfate.

Le SCI, le tensioactif végétal le plus utilisé en cosmétique naturelle

Le tensioactif SCI (sodium cocoyl isethionate) est un dérivé des acides gras de l’huile de coco. Celui-ci fait partie des tensioactifs naturels les plus utilisés dans la confection de produits de beauté bio et faits-maison. Il se présente généralement sous forme de fine poudre blanche légèrement granuleuse. On utilise ce type de tensioactif doux pour fabriquer des shampoings solides ou des gels et barres de douche au pouvoir naturellement moussant.

Le SCI s’obtient en synthétisant les acides gras contenus dans l’huile de coco avec de l’acide isethionique. Le hic, c’est que ce dernier composé chimique est relativement toxique pour l’homme. C’est donc plutôt le mode de fabrication de ce tensioactif qui est remis en question, plutôt que son atteinte sur l’environnement ou son degré d’agressivité (nul ou presque, car le SCI est l’un des plus doux sur le marché de la cosmétique naturelle). Toutefois, le SCI est l’un des tensioactifs les plus naturels pour une utilisation en cosmétique maison.

Des tensioactifs alternatifs tout doux

Le Sodium Lauroyl Methyl Isethionate (SLMI pour les intimes) pourrait représenter une bonne alternative au SCI pour la confection de shampoings solides. En effet, ce tensioactif doux serait moins toxique pour sa fabrication que le SCI. Idem pour les tensioactifs non ioniques que sont le Decyl Glucoside, le Coco Glucoside ou encore le Lauryl Glucoside, des dérivés de sucre. Enfin, sachez qu’il est toujours mieux d’opter pour un shampoing solide au quotidien, même si celui-ci un SCI/SCS, plutôt qu’un shampoing renfermé dans une bouteille en plastique qui utilise à la fois un tensioactif ET un emballage issus de l’industrie pétrochimique…

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©Yulia Lisitsa/iStock

Comment utiliser un tensioactif naturel à la maison ?

Si les tensioactifs synthétiques industriels sont fréquemment utilisés pour la fabrication de produits ménagers, de shampoings et d’après-shampoings, les tensioactifs naturels, eux, s’utilisent majoritairement pour la création de shampoings solides maison (certains dentifrices naturels en poudre peuvent aussi en comporter, tout comme les produits vaisselle solides – le fameux cake vaisselle).

Pour utiliser un tensioactif naturel comme le SCI ou le SLMI, il est recommandé avant tout de bien se protéger les mains, les yeux et la bouche. Ceux-ci étant des composants volatils, mieux vaut également bien aérer les pièces avant de le manipuler pour ne pas l’inhaler. Pour un shampoing solide de 150 g environ, il est conseillé d’utiliser 30 à 50 g de tensioactif SCI.

Où trouver des tensioactifs naturels comme le SCI ou le SLMI ?

La plupart des tensioactifs naturels se trouvent en ligne sur les sites de cosmétiques maison. Cela dit, certaines boutiques zéro déchet commencent à en proposer en vrac (Brest, Avignon…). Enfin, certains magasins bio spécifiques peuvent également proposer des tensio-actifs naturels à la vente.

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Et vous, que pensez-vous des tensioactifs naturels comme le SCI ? Avez-vous déjà réalisé une recette de shampoing solide avec cet agent lavant et moussant ? Partagez-nous votre expérience en commentaire ! En attendant, retrouvez toutes nos recettes de shampoings solides maison adaptés à tout type de cheveux (colorés, matures, normaux, secs, gras, ondulés & bouclés, sujets aux pellicules…).

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