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Viande in vitro : une façon plus éthique et écologique de produire de la viande ?

La viande cultivée, ou in vitro, consiste à produire de la viande à partir des cellules d’un animal, sans passer par son abattage. Comment une telle agriculture est-elle possible ? Ce produit carné futuriste serait-il ainsi plus éthique, voire écologique ?

La viande de culture est un produit carné obtenu à partir de cellules animales, que l’on cultive à l’extérieur du corps du bovin, évitant ainsi son abattage. Retour sur cette technique de reconstitution cellulaire étonnante.

La viande de synthèse, la nourriture du futur ?

En 2006, l’ONU et la FAO estiment que 70% des terres agricoles sont consacrées à l’élevage animal pour des besoins alimentaires. L’équivalent, tout de même, de 30% de la surface de la Terre… Face à ce constat, il devient alors urgent de changer notre mode de consommation et privilégier les produits d’origine végétale, qui demandent moins de ressources. Mais pour certains, la nourriture du futur pourrait aussi passer par les laboratoires, comme il en est pour la viande de culture. Alors, bonne ou mauvaise idée ?

La viande cultivée, un projet in vitro en cours de développement

Comme vous l’avez compris, la production de viande de synthèse se fait à l’échelle cellulaire. Pour produire de la viande in vitro, on prélève ainsi, souvent par biopsie sous anesthésie, les cellules souches de l’animal. Ces cellules se multiplient alors, et se séparent en cellules musculaires. Pour obtenir de la viande de synthèse, il faudra ajouter à ces dernières cellules, des tissus conjonctifs et des cellules graisseuses.

Mais la méthode de biopsie n’est pas la seule à pouvoir prétendre obtenir des cellules animales. Il serait aussi possible d’utiliser les cellules souches d’un bovin à partir d’une banque cellulaire, ou encore de souches de myoblastes. La culture cellulaire, l’agriculture  du futur ?

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Le premier burger synthétique

C’est à l’équipe des professeurs Post et Verstrate de l’Université de Maastricht que l’on devrait le premier steak de viande cultivée. Les scientifiques néerlandais avaient en effet pour objectif de recréer une viande identique à celle d’élevage, en moins chère et sans passer par l’abattoir. En 2009, après de longues recherches, le Dr Post réussit à cultiver, in vitro, les muscles d’une souris à partir de ses cellules musculaires.

L’équipe de chercheurs décide alors de reproduire la même technique sur une vache, en prélevant ses cellules au moyen d’une biopsie. Les cellules sont ensuite placées dans un milieu riche en nutriments de sorte à les nourrir, les faire croître et se multiplier. Une fois que celles-ci se transforment en brins de tissus musculaires, les biologistes ajoutent de la graisse et des arômes, du safran et du jus de betterave pour la couleur. C’est ainsi que le premier steak de viande cultivée voit le jour.

Aujourd’hui, c’est à Singapour que l’on peut consommer de la viande de culture, désormais autorisée à la vente sous forme de nuggets.

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©Shardar Tarikul Islam/Unsplash

Problèmes d’éthique et limites de la viande synthétique

Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de tuerie qu’il  n’y a pas de maltraitance. D’ailleurs, quand on y pense, ne vaut-il mieux pas se faire achever plutôt que subir le martyre toute sa vie ? La viande cultivée ne garantit donc pas que les animaux soient bien traités, la problématique éthique restant en suspens.

Côté environnement, d’après une étude des Universités d’Oxford et d’Amsterdam, la viande cultivée serait potentiellement plus respectueuse de la nature. Selon les chercheurs européens, ce produit carné recréé en laboratoire ne générerait ainsi que 4% d’émissions de gaz à effet de serre, pour une occupation de seulement 2% des terres. Soit une réduction potentielle des ressources de plus de 40%. Mais tout n’est pas si rose. Selon Jean-François Hocquette, physiologiste et spécialiste des produits animaliers, la viande cultivée présente d’importantes limites :

Outre ses limites techniques, il existe de nombreuses incertitudes sur les avantages nutritionnels et environnementaux de la viande in vitro.

Car l’impact de la viande de labo sur la planète est difficile à évaluer en raison de l’état expérimental du procédé, non standardisé, qui plus est…

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©Liudmila Chernetska/iStock

Limites nutritionnelles de la viande de laboratoire

À l’heure actuelle, la viande in vitro ne comporterait pas les qualités gustatives et nutritionnelles de la viande traditionnelle. Le produit carné reconstitué serait ainsi pauvre en fer, et peu goûteux, requérant un assaisonnement important. À ce prix-là, autant miser sur la cuisine végétale, sans mauvaises surprises et beaucoup plus rentable !

La viande cultivée, une nouvelle pratique sujette à la controverse ! Qu’en pensez-vous ?

Et vous, connaissiez-vous la viande in vitro ? Oseriez-vous y goûter ? Partagez-nous votre avis en commentaire !

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